Biographie
Philippe Séguin, né le 21 avril 1943 à Tunis et décédé le 7 janvier 2010 à Paris, est une figure majeure de la vie politique française de la fin du XXe siècle. Orphelin de père mort au combat en 1944, pupille de la Nation, il grandit en Tunisie avant de s'installer en France. Diplômé de l'IEP d'Aix-en-Provence et de l'ENA (promotion Robespierre), il intègre la Cour des comptes en 1970.
Son parcours politique débute au sein du mouvement gaulliste (UNR, UDR, RPR), où il se distingue par son indépendance d'esprit et son attachement à une vision sociale du gaullisme. Député des Vosges de 1978 à 2002, il est également maire d'Épinal de 1983 à 1997, où il mène une politique locale dynamique. Ministre des Affaires sociales et de l'Emploi sous Jacques Chirac (1986-1988), il défend des réformes libérales (flexibilité du travail) tout en promouvant des mesures sociales (participation des salariés, emploi des handicapés).
En 1992, il devient le chef de file du « non » au référendum sur le traité de Maastricht, s'opposant à une Europe fédérale au nom de la souveraineté nationale. Son discours à l'Assemblée nationale et son débat télévisé avec François Mitterrand marquent les esprits. Président de l'Assemblée nationale de 1993 à 1997, il modernise l'institution et soutient Jacques Chirac lors de l'élection présidentielle de 1995, avant de s'en éloigner.
Président du RPR de 1997 à 1999, il échoue aux élections municipales de Paris en 2001. De 2004 à sa mort, il est Premier président de la Cour des comptes, où il réforme les juridictions financières et dénonce les dérives des finances publiques. Orateur redouté, il incarne une droite souverainiste, critique envers le libéralisme économique et l'Europe fédérale, tout en défendant une vision sociale et patriotique de la politique.
