Biographie
Jordi Sànchez i Picanyol est né le 1er octobre 1964 à Barcelone, en Espagne. Diplômé en sciences politiques de l'Université autonome de Barcelone en 1991, il devient professeur agrégé de sciences politiques à l'Université de Barcelone et enseigne dans plusieurs institutions. Son parcours académique est complété par des rôles dans diverses fondations, notamment comme directeur adjoint puis directeur de la Fondation Jaume Bofill, et comme adjoint du médiateur de Catalogne, Rafael Ribó. Il a également été conseiller à la Corporació Catalana de Mitjans Audiovisuals et analyste politique dans plusieurs médias.
Son engagement politique débute dans les années 1980 avec l'association Crida a la Solidaritat, aux côtés d'Àngel Colom. Il est ensuite lié à Initiative pour la Catalogne Verts (ICV) avant de s'orienter vers le mouvement indépendantiste catalan. En 2015, il devient président de l'Assemblée nationale catalane (ANC), une organisation majeure du mouvement souverainiste, où il promeut un discours social de l'indépendantisme, arguant qu'un État catalan indépendant pourrait résoudre les urgences sociales de la région. Sous sa présidence, l'ANC joue un rôle central dans la création de la coalition Ensemble pour le oui pour les élections catalanes de 2015.
En 2017, Jordi Sànchez est mis en examen pour sédition par l'Audience nationale espagnole en raison de son rôle dans les manifestations du 20 septembre 2017, lors de l'opération Anubis. Il est placé en détention préventive le 16 octobre 2017, puis condamné à neuf ans de prison pour sédition le 14 octobre 2019 par le Tribunal suprême espagnol. Cette condamnation est confirmée par le Tribunal constitutionnel en 2021, bien que deux juges aient exprimé des réserves quant à son impact sur les droits de réunion et d'expression.
Malgré son incarcération, Jordi Sànchez reste une figure politique active. Il est élu député au Parlement de Catalogne en 2017 sous la bannière de Junts per Catalunya, mais ne peut siéger en raison de sa détention. En 2018, il est proposé comme candidat à la présidence de la Généralité de Catalogne par Carles Puigdemont, mais sa candidature est bloquée par les autorités judiciaires espagnoles. Il devient ensuite secrétaire général d'Ensemble pour la Catalogne en 2020, un parti qu'il dirige jusqu'en 2022.
Son parcours est marqué par des prises de position en faveur des droits politiques et des libertés, ainsi que par des critiques internationales, notamment d'Amnesty International et de l'ONU, qui ont qualifié son emprisonnement d'excessif et disproportionné.
