Biographie
Estelle Youssouffa est une personnalité politique et journaliste française, née le 31 juillet 1978 à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine. D'origine comorienne et mahoraise par son père, militaire, et métropolitaine par sa mère, infirmière, elle a été scolarisée à Mayotte jusqu'à l'obtention de son baccalauréat au lycée de Mamoudzou. Elle poursuit ensuite ses études à l'Institut universitaire de technologie (IUT) de Tours, où elle se forme au journalisme, avant d'étudier les sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal. Sa carrière professionnelle débute dans le journalisme, où elle travaille pour des médias tels que LCI, Al Jazeera English et BFM TV. Elle intervient également comme chargée d'enseignement à l'Institut pratique du journalisme de l'université Paris-Dauphine et comme chercheuse à l'Université du Québec à Montréal sur les questions militaires et stratégiques.
Son engagement politique prend de l'ampleur en 2019, lorsqu'elle devient une figure majeure du mouvement social mahorais en prenant la tête du Collectif des citoyens de Mayotte. Ce collectif, créé pour lutter contre l'insécurité liée à l'immigration comorienne et promouvoir la départementalisation de Mayotte, lui permet de se faire connaître pour ses positions radicales. Elle dénonce notamment une « colonisation » de Mayotte par les Comores et plaide pour un durcissement des relations franco-comoriennes. En 2021, elle est relaxée après avoir été interpellée pour rébellion lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Mayotte, où elle avait perturbé un discours présidentiel.
En 2022, Estelle Youssouffa se présente aux élections législatives dans la première circonscription de Mayotte sous l'étiquette « sans étiquette », bien qu'elle soit proche de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Elle axe sa campagne sur la lutte contre l'immigration comorienne, le refus de la coopération avec les Comores et le développement des infrastructures de l'île. Elle remporte le scrutin avec 66,6 % des voix au second tour, devenant ainsi députée. À l'Assemblée nationale, elle rejoint le groupe LIOT et est nommée vice-présidente de la délégation aux outre-mer. Elle est réélue en 2024 dès le premier tour avec 79,48 % des voix, devenant la députée la mieux élue de France.
Ses prises de position, souvent controversées, incluent des propositions radicales comme le dynamitage des usines comoriennes fabriquant des kwassa-kwassa (embarcations utilisées pour l'immigration illégale) ou la suspension du droit du sol à Mayotte. Elle soutient également l'opération Wuambushu, une initiative gouvernementale visant à expulser les migrants comoriens et à détruire les bidonvilles. Ses positions, parfois perçues comme proches de l'extrême droite, sont régulièrement critiquées, bien qu'elle se défende d'y être affiliée. Elle défend par ailleurs des mesures discriminatoires à l'encontre des Comoriens présents sur l'île et a récemment proposé la suspension de la scolarisation obligatoire pour les élèves étrangers après le passage du cyclone Chido en 2025.
